Ibrahim ou la métamorphose du rêve [poème]

Ibrahim ou la métamorphose du rêve [poème]

Ibrahim ou la métamorphose du rêve 

Naissance dans un fracas, Tchétchènie seconde guerre,
Le Petit grandit, chars Vladimir et sourires Kadyrov,
L’Enfance c’est jusque dans les chiottes qu’on l’y récurait naguère
La peur du treillis ne s éteint pas le soir par un calin on/off.

Errance dans un roulis, Caucase-Balkans-Schengen poing dans l’espace,
Pour le Petit, paraît qu’la mort du soleil impose le calme à l’Ouest,
Qu’les Enfants aux belles dents n’y monnayent pas l’innocence en espèces
C’est du moins vers là-bas qu’l’a poussé l’Homme qui l’en déleste.

Croissance en symphonie, dans un pays à réputation d’esthète,
Pour le plus tellement Petit, c’est déjà mieux, c’est déjà beau,
C’est même chouette à l’école, il se fait faire du fromage es tête,
Déteste pour de faux les tests de maths à méfaits placébo.

Adolescence à fausse note, ce pays en deux ans a fait l’examen d’son cas,
Incompréhension du Jeune, les choses qu’il aime, faut qu’il les quitte,
Renaître dans le roulis et les Hommes, errer vers les Cap’taines à fracas
Sa famille dort sous la pluie devant le Parlement européen de l’éthique.

Catapulte dissonance l’âge adulte s’avance, dans le vortex du karscher au charter,
Pour le Grand c’est clair maintenant, le rêve en fait se vend par lots de lotion,
C’est un peu tard pour lui injecter les droits de l’Homme dans les artères
Leur Che Guevara sur les t-shirts, c’était pas vraiment pour la révolution.

Vacances en Crêve, Petit, dessins d’une impuissance sans trêve, Tension,
Bardés de murs, d’€uros h€ur€ux, fardés de morts, d’hérauts féroces,
Leurs foyers se métamorphosent en centre de rétention,
Et leur enfance, Ce soir, est exclue des jeux d’Eros !
Et leur enfance, Braves gens, va encore prendre des coups de crosse !
Et leur enfance, A Strasbourg, dépend de sombres négoces !

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