Lubie lubrique
Un versificateur de peu se vit par d’autres passer commande
"Erige nous ta verve sur telle ou telle thématique
Fous une trempe à ta muse, chatouille lui l’amande
Fais baver les morts, refourgue donc les Antiques !"
Embêté le pauvre Sisyphe se mit à rouler sa pierre,
Au sommet du Parnasse pour la voir sans cesse redescendre
"Y bâtir mon Eglise ? Vous saviez donc jusqu’à hier
Que j’bandais déjà mou, mais vous m’traitiez de Cassandre !"
Prenant son bâton de pèlerin et du rhum en sa huche
Bannière du… "ouaich bien ?" claquant au vent
Notre ami après s’être fait hue ne fit pas l’autruche
Et googlisa "viagra pour poète" pour voir si l’on en vend
Risible artifice pour des vers de quatre sous
L’Amour courtois n’est ici bas pas encore virtuel
Il en était à Donquichoter des éoliennes notre pâtre saoul
Quand semblable au Prince des nuées, il se rua dans les ruelles
"Maudits Mécènes ! Marchander ainsi l’expression d’mes sentiments !
Comme si la poésie était une lubie ludique !
Mon Verbe a un rôle social dans cette Cité de ruminants,
Il sera Action, mais d’abord vite…un petit lobby lubrique !"
Cet Etrange, cet Enchanteur, ce déproclamé artiste,
Avait de fait trouvé une grue pour se convoler
Car l’on a bien mieux à faire qu’ânonner du Verbe triste,
La poésie en Action, c’est prendre la vie et se gondoler.